Le plus court chemin vers la connaissance


par Konstantin Komarov (mars 2011)

Source : Russian Martial Art

Traduit par Alexandre Jeannette

Pour moi, l’essence du Systema consiste à apprendre comment gérer un environnement défavorable, c’est à dire à améliorer ses chances de survie. Personne ne peut établir une liste de toutes les situations difficiles que l’on peut rencontrer dans la vie et il est donc impossible de se préparer spécifiquement pour chacune d’entre elles. Il faut nous entraîner pour faire face quelque soit la situation. C’est la raison pour laquelle dans le Systema les techniques spécifiques et les méthodes de travail sont moins importantes que les changements qui se déroulent dans le corps et l’esprit du pratiquant.

Mon passage dans l’armée m’a appris à surmonter des situations difficiles mais j’ai dû apprendre à le faire en dépassant mes limites. Pendant les quatre années que j’ai passé en école militaire j’ai suffisamment couru pour faire probablement le tour du monde. On courrait sans arrêt du matin jusqu’au soir, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, en uniforme et en rangers, la plupart du temps avec nos armes et notre paquetage complet, parfois sur des skis, dans des parcours d’obstacles, dans les bois, à travers champs ou en terrain accidenté. Je détestais courir de tout mon cœur. Je me demandais, « à l’époque des voitures, des transports de troupes, des VABs et de tous les autres véhicules blindés, pourquoi, pourquoi devons-nous courir et marcher autant ? ». A l’époque je n’ai pas su répondre à cette question.

En plus de cela l’entraînement physique était intégré à d’autres sujets comme la tactique, les armes à feu, la topographie, la défense contre les armes de destruction massive ou les véhicules militaires. Cette « composante physique » impliquait de marcher ou de courir pendant des kilomètres avec nos armes et notre paquetage, souvent avec un équipement de protection, d’entrer et de sortir d’un véhicule en un temps limité, de charger/décharger des munitions, de monter et démonter des armes entre autres petits « plaisirs ». Et je me répétais sans cesse la même question (jusque dans mes rêves !) « Pourquoi a-t-on besoin de faire ça ? »

Juste après ma formation, au cours de ma première affectation, j’ai finalement eu la réponse à ma question. Je savais pourquoi j’avais enduré tout cela. Mes commandants et mes professeurs m’avaient aidé à développer mon endurance et un mental stable, les deux qualités qui déterminent l’aptitude de quelqu’un à supporter des situations difficiles et donc, à survivre. Comme le dit un vieux proverbe militaire [et accessoirement Friedrich Nietzsche dans « Le Crépuscule des Idoles » n.d.t] « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Effectivement en vous dépassant vous découvrez des ressources insoupçonnées. J’ai découvert que j’avais cette force intérieure et que mes subordonnés l’avaient aussi. Autrement ils n’auraient pas suivit mes ordres.

L’armée m’a donc appris à me dépasser et le Systema m’a appris à me connaître. Dans l’armée les exercices m’ont obligé à me dépasser alors que le Systema m’a permis de me développer. Avec un bon instructeur c’est un chemin plus court. Le Systema propose également son lot d’exercices mais je sais toujours ce que chacun d’eux change chez moi et pourquoi. Je peux me construire, découvrir et corriger mes imperfections et renforcer les qualités dont j’ai besoin. Le Systema est un outil merveilleux (et subtil) de développement personnel qui vous permettra de créer des fondations solides pour n’importe quel type de mouvement ou d’activité. Et vous ne le ferez non pas en cherchant à vous dépasser qu’en essayant de mieux vous connaître. Croyez-moi c’est un processus plus rapide et beaucoup plus agréable.

Essayez une petite expérience. Regardez une vidéo d’une danse assez simple (moderne ou folk) et essayez de reproduire les mouvements pendant une minute. Si vous y arrivez vous êtes sur la bonne voie dans le Systema. L’entraînement Systema donne à votre corps la liberté de reproduire avec facilité des mouvements complexes ou inhabituels. Vous souhaitez vous dépasser et en tirer les bénéfices ? Essayez de ramper sans vous aider de vos bras ou de vos jambes pendant 20 minutes et jusqu’à 90 minutes selon votre forme physique. Ensuite, en cours, faites un peu de lutte avec un partenaire ou entrainez-vous à faire des frappes simples, des saisies et des esquives en mouvement : les résultats du premier exercice se feront vite sentir. Cela vient du fait que nous pratiquons beaucoup d’activités en utilisant principalement nos bras et nos jambes alors que notre tronc bouge à peine. Mais cette approche ne peut pas plaire à tout le monde. Au camp Systema de cet été je vous offrirais d’autres options pour votre entrainements, plus simples et plus attrayantes.

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A propos alexandresystema

Pratiquant de Systema assidu et traducteur occasionnel
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