Un de mes amis qui traîne ses guêtres sur Facebook a trouvé les images suivantes, réalisées par un pratiquant italien de Systema (Edit du 20/04 : il s’agit en fait de Janik Litalien, instructeur de Systema Hong Kong]. Je les trouve tout simplement excellentes. Si quelqu’un connait le nom de la personne qui a réalisé ces images, faites-le moi savoir j’aimerais pouvoir citer l’auteur !
Le texte de la première image : Élève en Systema.
Ce que mes amis pensent que je fais
Ce que mes instructeurs croient que je fais
Ce que les pratiquants d’autres disciplines pensent que je fais
Ce que les autres étudiants pensent que je fais
Ce que je pense que je fais
Ce que je suis vraiment en train de faire
Pour la deuxième image : Instructeur en Systema
Ce que mes amis pensent que je fais [c'est l'insigne du KGB]
Ce que mes élèves pensent que je fais
Ce que les pratiquants d’autres disciplines pensent que je fais
Ce que Mikhail [Ryabko] et Vladimir [Vassiliev] pensent que je fais
Pour moi, l’essence du Systema consiste à apprendre comment gérer un environnement défavorable, c’est à dire à améliorer ses chances de survie. Personne ne peut établir une liste de toutes les situations difficiles que l’on peut rencontrer dans la vie et il est donc impossible de se préparer spécifiquement pour chacune d’entre elles. Il faut nous entraîner pour faire face quelque soit la situation. C’est la raison pour laquelle dans le Systema les techniques spécifiques et les méthodes de travail sont moins importantes que les changements qui se déroulent dans le corps et l’esprit du pratiquant.
Mon passage dans l’armée m’a appris à surmonter des situations difficiles mais j’ai dû apprendre à le faire en dépassant mes limites. Pendant les quatre années que j’ai passé en école militaire j’ai suffisamment couru pour faire probablement le tour du monde. On courrait sans arrêt du matin jusqu’au soir, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, en uniforme et en rangers, la plupart du temps avec nos armes et notre paquetage complet, parfois sur des skis, dans des parcours d’obstacles, dans les bois, à travers champs ou en terrain accidenté. Je détestais courir de tout mon cœur. Je me demandais, « à l’époque des voitures, des transports de troupes, des VABs et de tous les autres véhicules blindés, pourquoi, pourquoi devons-nous courir et marcher autant ? ». A l’époque je n’ai pas su répondre à cette question.
En plus de cela l’entraînement physique était intégré à d’autres sujets comme la tactique, les armes à feu, la topographie, la défense contre les armes de destruction massive ou les véhicules militaires. Cette « composante physique » impliquait de marcher ou de courir pendant des kilomètres avec nos armes et notre paquetage, souvent avec un équipement de protection, d’entrer et de sortir d’un véhicule en un temps limité, de charger/décharger des munitions, de monter et démonter des armes entre autres petits « plaisirs ». Et je me répétais sans cesse la même question (jusque dans mes rêves !) « Pourquoi a-t-on besoin de faire ça ? »
Juste après ma formation, au cours de ma première affectation, j’ai finalement eu la réponse à ma question. Je savais pourquoi j’avais enduré tout cela. Mes commandants et mes professeurs m’avaient aidé à développer mon endurance et un mental stable, les deux qualités qui déterminent l’aptitude de quelqu’un à supporter des situations difficiles et donc, à survivre. Comme le dit un vieux proverbe militaire [et accessoirement Friedrich Nietzsche dans "Le Crépuscule des Idoles" n.d.t] « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». Effectivement en vous dépassant vous découvrez des ressources insoupçonnées. J’ai découvert que j’avais cette force intérieure et que mes subordonnés l’avaient aussi. Autrement ils n’auraient pas suivit mes ordres.
L’armée m’a donc appris à me dépasser et le Systema m’a appris à me connaître. Dans l’armée les exercices m’ont obligé à me dépasser alors que le Systema m’a permis de me développer. Avec un bon instructeur c’est un chemin plus court. Le Systema propose également son lot d’exercices mais je sais toujours ce que chacun d’eux change chez moi et pourquoi. Je peux me construire, découvrir et corriger mes imperfections et renforcer les qualités dont j’ai besoin. Le Systema est un outil merveilleux (et subtil) de développement personnel qui vous permettra de créer des fondations solides pour n’importe quel type de mouvement ou d’activité. Et vous ne le ferez non pas en cherchant à vous dépasser qu’en essayant de mieux vous connaître. Croyez-moi c’est un processus plus rapide et beaucoup plus agréable.
Essayez une petite expérience. Regardez une vidéo d’une danse assez simple (moderne ou folk) et essayez de reproduire les mouvements pendant une minute. Si vous y arrivez vous êtes sur la bonne voie dans le Systema. L’entraînement Systema donne à votre corps la liberté de reproduire avec facilité des mouvements complexes ou inhabituels. Vous souhaitez vous dépasser et en tirer les bénéfices ? Essayez de ramper sans vous aider de vos bras ou de vos jambes pendant 20 minutes et jusqu’à 90 minutes selon votre forme physique. Ensuite, en cours, faites un peu de lutte avec un partenaire ou entrainez-vous à faire des frappes simples, des saisies et des esquives en mouvement : les résultats du premier exercice se feront vite sentir. Cela vient du fait que nous pratiquons beaucoup d’activités en utilisant principalement nos bras et nos jambes alors que notre tronc bouge à peine. Mais cette approche ne peut pas plaire à tout le monde. Au camp Systema de cet été je vous offrirais d’autres options pour votre entrainements, plus simples et plus attrayantes.
L’œil humain réagit très vivement aux mouvements brusques, aux flash lumineux et aux changements visuels rapides. Par conséquent notre œil ne fait pas la différence entre la vitesse et la nervosité. Les mouvements brusques ont l’air d’être rapides alors que les mouvements rapides mais réguliers semblent lent. Notre vision ne capte pas une accélération constante mais repère très facilement les changements rapide entre repos et mouvement.
En quoi un mouvement rapide est-il différent d’un mouvement brusque ?
1. Un mouvement vraiment rapide est fluide ne met pas en jeu la totalité du corps. En l’absence de précipitation il y a une accélération constante qui atteint sa vitesse maximum au moment du contact avec la cible.
2. Quand le corps est relâché et tonique, il n’a pas besoin d’être préparé pour agir [n.d.t : comme se mettre en garde par exemple]. Quand le corps est calme et prêt à agir le passage du repos au mouvement et à l’accélération se fait sans effort et donc plus discrètement.
3. Un mouvement nerveux commence par une préparation aux niveau des articulations en commençant par tendre les muscles. Une fois que le corps est préparé il ouvre la voie à une contraction « explosive » des muscles qui propulsent le corps ou une partie du corps de façon brusque. L’inertie produit la fin du mouvement ce qui cause une perte de vitesse graduelle.
Les mouvements nerveux sont créés par une tension excessive qui nous blesse physiquement et psychologiquement.
_Une construction fondé sur la tension est toujours plus fragile. Le moindre choc impose aux articulations et aux organes internes un stress inutile.
_Les mouvements nerveux attirent l’attention et font de nous une cible plus visible. Dans la plupart des cas ce n’est pas désirable, que ce soit dans le cadre de l’entrainement ou d’un travail professionnel.
_Les mouvements nerveux indiquent une instabilité mentale et leur pratique répétée perturbe notre équilibre psychologique.
_La tension excessive entraine une fatigue rapide, provoquant une perte d’endurance que ce soit au combat ou dans une activité sportive.
_Les mouvements nerveux sont moins précis car un muscle tendu réponds moins bien à nos sollicitations et ses mouvements sont plus difficiles à modifier.
_Les mouvements nerveux créent l’illusion de la puissance alors que dans les faits la puissance viens d’une accélération constante et fluide. Si un mouvement vous semble lent regardez encore, il est peut-être juste calme…
Camarades lecteurs et pratiquants je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année. 2012 commencera avec une nouvelle fournée d’articles, ne désespérez pas !
N’oubliez pas qu’en 2012 nous aurons en France :
Sonny Puzikas (lien) : un excellent instructeur (et accessoirement très, très drôle), une vraie découverte en novembre dernier. Chaudement recommandé !
Sergei Ozereliev (lien) : ce sera une première mais vu son travail sur diverses vidéos, j’ai hâte…
Vladimir Vasiliev (lien) : on ne le présente plus je pense…
Emmanuel Manolakakis (lien) : un excellent pédagogue qui arrive souvent à expliquer ce que d’autres instructeurs n’arrivent qu’à montrer.
Et surtout n’oubliez pas que de toute manière l’Armée Rouge a tout inventé, même le Breakdance et les Battles qui vont avec ^o^:
Cet article aborde en grande partie les mêmes problématiques que celui de Kevin Secours mais il a le mérite d’être plus court. Rédigé par un médecin c’est également un article très technique. J’ai donc pris quelques liberté avec la traduction afin de rendre l’ensemble plus lisible. J’espère que les spécialistes ne m’en voudront pas !
Un facteur majeur dans une confrontation est le temps de réaction face à une attaque donnée. Comme nous le savons, il dépend d’un certain nombre de facteurs. Un bon timing est crucial si on souhaite l’emporter sur son adversaire.
Chaque discipline a crée des stratégies variées afin de gagner cet avantage temporel sur son adversaire.
Une approche répandue, utilisée par de nombreux professionnels comme les équipes du SWAT* ou les membres des forces spéciales, est d’utiliser des techniques génériques fondées sur les groupes musculaires les plus importants. L’idée derrière cette approche est :
Premièrement, de diminuer le temps de réflexion et donc le temps de réaction face à une attaque donnée.
Deuxièmement : les techniques fondées sur les groupes musculaires principaux permettent aux gens d’agir même sous pression.
Au niveau du cerveau, les réponses à une attaque physique sont variées et complexes mais il existe un aspect spécifique dont j’aimerais parler. Cet aspect nous permettra de comprendre la différence entre l’approche décrite plus haut (une approche « consciente ») et celle du Systema (une approche « subconsciente »).
Une caractéristique relativement peu connue du cerveau est que lorsqu’il prépare un mouvement il fait toujours un essai « à vide » : c’est à dire sans activer les muscles concernés et sans que cela soit conscient. Le cerveau possède une sorte d’émulateur : avant que nous ne devenions conscient du mouvement que nous souhaitons faire le cerveau va utiliser notre circuit neuronal pour « simuler » le mouvement. Cela inclura l’activation hormonale, les changements de pressions sanguines et toutes les réactions psycho-physiologiques habituelles. La seule chose manquant à l’appel étant l’activation des muscles (et notre intervention consciente). Une fois cet essai accompli notre mouvement devient conscient et nos muscles sont activés. Pour notre pensée consciente ce mouvement apparaît comme spontané, alors qu’en fait notre cerveau l’a déjà testé une première fois.
La différence se situe là : si le mouvement est dirigé par notre subconscient alors notre réponse consciente correspond en fait à un deuxième passage au niveau du circuit neuronal. Dans la méthode d’entrainement décrite plus haut viens s’ajouter une autre étape : le choix d’une technique. L’action ne se déclenche donc qu’au bout de trois étapes. Le Systema repose sur des mouvements subconscients, donc sur des actions qui se déroulent en deux étapes [une simulation au niveau du cerveau puis le mouvement en lui-même n.d.t]
Même si cet avantage ne représente qu’une fraction de seconde il a tout de même son importance.
Mais il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg : où le cerveau trouve-t-il la réponse à apporter à un stimuli donné ? Les neurologistes donnent parfois à nos réflexes le nom de FAP [pour Fixed Action Pattern n.d.t]. Un FAP est un résultat de la sélection naturelle pour réduire le temps de décision et de réaction. En d’autres mots le corps a appris, au cours de diverses expériences, à réagir d’une certaine manière face à certaines circonstances et afin de réduire le temps de réaction une réaction spécifique est appliquée en cas de besoin sans que le cerveau ait besoin de réinventer la roue à chaque fois. Ces réflexes sont profondément ancrés en nous. Ils peuvent aller de la simple fuite à des mouvements plus complexes. Cela n’en fait pas pour autant les réactions les plus efficaces en toutes circonstances.
Laissez-moi vous donner un exemple : si vous touchez un objet trop chaud, vous enlèverez immédiatement votre main, une réaction plutôt saine ! D’un autre côté si quelqu’un attrape un de vos doigts et commence à le tordre, la même réaction va aggraver la situation en augmentant la pression sur votre doigt. Comment peut-on changer cette situation et modifier nos réflexes ? La réponse tient en un seul mot : l’entrainement.
L’entrainement nous donne la possibilité de modifier nos réflexes.
Regardons cela d’un peu plus près. Les différentes zones de notre corps correspondent à différentes zones de notre cerveau [ce phénomène est nommé la somatopie, ndt]. Les zones les plus connues sont l’homonculus moteur et l’homonculus sensitif. L’interaction de ces zones est très hiérarchisée et va des zones les moins sensibles à celles qui le sont plus. Les informations corporelles passent par les premières zones sensitives et passent ensuite par des systèmes de traitement de plus en plus complexes. Plus elles progressent, plus le volume d’informations s’accroit : émotions, souvenirs, vision de son propre corps, douleurs, etc. L’information redescend ensuite pour être a nouveau vérifiée à chaque étape, une réaction appropriée est alors éventuellement adoptée puis transmise au système moteur pour être accomplie. En dépit de son apparente complexité, l’ensemble du processus ne prend qu’une fraction de seconde. Nous pouvons également noter qu’en dépit de nos efforts, toute action est rattachée à une ou plusieurs émotions. Que nous en ayons conscience ou non, c’est inévitable !
A l’aide d’un entrainement régulier nous pouvons enseigner à notre corps à répondre à certaines situations avec les réponses que nous aurons choisis. Tout l’intérêt se trouve là : nous pouvons choisir d’apprendre des réactions spécifiques (des techniques) ou nous pouvons apprendre à notre corps des principes généraux fondés sur la relaxation des mouvements.
La différence entre ces deux approches viens du fait que dans le deuxième cas nous laissons notre corps trouver ses propres solutions tant qu’il respecte les principes choisis, à savoir des mouvements détendus, efficaces et naturels, comme c’est le cas dans le Systema.
Pour avoir accès à ce type de mouvements nous devons comprendre que notre système nerveux fonctionne par le biais de ce qu’on appelle la facilitation. Pour faire simple : plus nous utilisons une action, plus les chances qu’elle soit choisie plus tard est élevée. Si nous privilégions toujours la même réaction, elle deviens un réflexe face à un stimuli donné. Mais si nous utilisons continuellement une variété de mouvements spécifiques tout en conservant les mêmes principes, un mouvement détendu et calme, c’est cette qualité qui va devenir un réflexe sans lui attacher un mouvement spécifique. Le cerveau choisira le mouvement qu’il considère être le plus approprié. Il piochera parmi les mouvements qui lui sont le plus familier (grâce à l’entrainement). Il aura ainsi plus de choix, ce qui sera un avantage pour s’adapter à une situation donnée.
Une fois que la réponse subconsciente s’est produite nous pouvons consciemment diriger l’action si nécessaire : nous pouvons en effet agir en même temps que les réponses qui se produisent déjà et en apparence nous faisons cela sans perte de temps. En termes simples, le cerveau est multitâches (à strictement parler, en raison du côté on/off du système nerveux les actions conscientes et subconscientes se succèdent en fait en alternance).
Une approche subconsciente nécessite néanmoins un certain degré de confiance : nous intégrons des principes en espérant que les meilleures réponses seront inconsciemment choisies en cas de besoin. C’est une approche très différente que celle qui consiste à apprendre des techniques dédiées à des situations précises.
Un avantage de l’approche par principe par rapport à l’approche par technique est que le cerveau ne s’ennuie pas à répéter les mêmes mouvements à l’infini, chaque mouvement étant légèrement différent et donc nouveau. Une fois que les principes ont été établis quelque chose de merveilleux arrive : au lieu d’un panel limité de réponses techniques nous avons maintenant accès à un nombre illimité de réponses fondés sur les principes établis. Nous avons entrainé notre corps à fournir ses propres solutions face à des situations données. Bien entendu le corps développera toujours ses réponses favorites, en accord avec les facilitations neurologiques, les paramètres physiques et les compétences de chacun.
Il est important de souligner que la relaxation est absolument impérative de manière à pouvoir travailler au niveau subconscient. Lorsqu’ils sont affectés par la tension (liée à la peur, l’agression…) nos cerveaux perdent leur capacité à être créatifs, à être multitâche et à terme à fonctionner efficacement. On a déjà beaucoup écrit sur les effets débilitants de la tension sur nos performances, surtout dans les situations de Combat/fuite. Ce point n’est pas le sujet de cet article mais je voudrais insister sur le fait qu’il est crucial de créer une ambiance de travail détendue si l’on souhaite travailler efficacement au niveau subconscient.
Il est également important, lorsque l’on s’entraine pour faire face à des confrontations, il faut incorporer une interaction humaine avec des contacts significatifs : frappes, attitude agressive, etc. Cela aidera à produire des stimuli convaincants et permettra de reconditionner les réflexes qui leurs sont liés. S’ils sont pratiqués correctement ils permettront également de réduire la peur et les douleurs liées à la tension.
Un autre point intéressant : la recherche a montré que l’apprentissage à vitesse lente de technique complexe réduit de façon significative le temps requis pour l’apprentissage de ces mouvements. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? [pour ceux du fond je rappelle qu'au départ les exercices du Systema doivent êtres pratiqués à vitesse lente... Non, croyez-moi, encore plus lent que ça ! n.d.t]
Plus nous nous entrainons plus nous descendons dans la hiérarchie du système neuronal. Cela signifie qu’après des années d’entraînement les réponses que nous développons seront intégrés aux groupes moteurs principaux. A ce stade, nous avons intégré le système et nous réagirons instinctivement et spontanément avec des réflexes fondés sur notre entrainement. En d’autres mots notre subconscient saura comment réagir spontanément à une attaque d’une façon fluide, créative et intelligente, comme à l’entraînement au lieu de le faire de façon abrupte, tendue et précipitée, nous serons également capable de travailler avec une implication émotionnelle moindre et une tension liée à la peur moins importante.
Il est évident que l’apprentissage fondé sur des techniques peut se substituer aux réflexes mais si nous continuons à impliquer notre esprit conscient dans des choix techniques nous allons allonger notre temps de réaction. C’est particulièrement visible chez les nouveaux élèves et ne changera qu’après un entrainement prolongé.
Comme nous l’avons déjà dit, il est parfaitement acceptable de prendre des décisions conscientes au cours d’une confrontation physique mais le truc c’est de ne pas faire obstacle à une réaction spontanée. Il vaut mieux intercaler une action consciente entre les phases du travail subconscient. Cela minimisera les interférences et vous permettra de travailler de façon fluide et naturelle. Tout en vous permettant de maintenir une vision stratégique des évènements.
Aussi simple que cela puisse paraître et aussi simple et naturel que les mouvements d’un pratiquant de Systema compétent peuvent être c’est un processus très difficile à acquérir. La difficulté viens du temps d’entrainement requis afin d’acquérir ce processus de réponses subconscientes et conscientes en cas d’attaque ou de stress. Mais un minimum d’esprit ludique, d’engagement et de foi peuvent en faire un voyage particulièrement heureux et satisfaisant. Sans parler de ce que vous apprendrez sur vous-même et vos émotions en étant à l’écoute de vos sensations durant l’entrainement.
Dr Andrea Bisaz est instructeur de Systema en Australie, il est également docteur au sein de la Clinique des sports de Melbourne.
* : grosso modo équivalent au RAID français. Non, l’autre, pas celui contre les moustiques.
La suite de l’article de Kevin Secours, en conclusion, deux vidéos reliées, à mon avis, à ce sujet. Bonne lecture.
Comprendre le stress du combat
Nous sommes nombreux à avoir été élevé dans le mythe que dans les situations extrêmes les humains se comportent de façon extraordinaire. Si cela peut-être vrai d’un point de vue spirituel ou moral d’un point de vu strictement physique la réalité est tout autre : le stress affaiblit et détériore nos performances. Des études ont démontré en particulier que le stress lié au combat déclenche notre mécanisme de survie le plus basique : la réaction de lutte ou de fuite. Découverte par un physiologiste d’Harvard, Walter Cannon, en 1911 cette réaction se déclenche lorsque notre cerveau perçoit une menace, qu’elle soit réelle ou imaginaire, indiquant à diverses glandes de déverser des substances chimiques et des hormones en grande quantité dans notre flux sanguin (Cannon, 1911; Ledoux : 212-214).
Alors que l’adrénaline et le cortisol se répandent dans notre corps, ce dernier atteint un niveau de vigilance maximum. De nombreuses fonctions corporelles sont donc priorisées : notre champ de vision se réduit afin de réduire les risques de distraction et notre vision s’intensifie pour repérer des ennemis potentiels dans notre environnement immédiat. Les fonctions secondaires comme les pulsions sexuelles ou la digestion sont temporairement court-circuitées. Le flux sanguin vers les extrémités est diminué afin de réduire le risque de perte de sang en cas de blessures et redirigé vers les grands groupes musculaires afin de nous permettre de lutter ou de fuir avec plus d’énergie. Des millions de cellules nerveuses s’activent en une fraction de seconde, armant toutes notre “arsenal” corporel, nous permettant de courir plus vite, de frapper plus fort et de supporter davantage de douleur (Shillingford, 2000:18).
La réponse d’alarme peut-être déclenchée chaque fois que nous percevons une menace, l’éventail est large : des tremblements du combattant qui va entrer dans le ring jusqu’à des actions purement réflexes comme la fermeture des voies respiratoires pour stopper l’arrivée de l’eau (un réflexe connu sous le nom de laryngospasme) en cas de noyade. Du point de vue du combat , quelque soit l’art martial ou le sport de combat que vous pratiquez, si votre cerveau trouve qu’un stimulus est suffisamment urgent votre réaction d’alarme prendra le dessus. La question reste donc :
Que peut-on faire pour diriger ou améliorer la réponse « voie courte » contenue dans notre réaction d’alarme ?
Que peut-on faire pour maintenir une « voie longue » des fonctions du cerveau afin d’empêcher le déclenchement d’une voie courte ?
[ou : comment ne pas chier dans son froc ou arracher la glotte de quelqu'un dés qu'on voit un couteau n.d.t]
Intégrer la réaction d’alarme dans l’entrainement au combat
Les chercheurs militaires du 20ème siècle ont rapidement saisi que même si la réaction d’alarme avait des effets débilitant, en limitant notre pensée rationnelle et les mouvements des moteurs musculaires fins, elle répondait à un besoin de survie qui a permis à notre espèce de rester en vie pendant des millénaires. Les chercheurs militaires occidentaux ont donc lancé un mouvement conduisant à une simplification des techniques de combat. Les mouvements faisant appel aux groupes musculaires les plus importants, comme les mouvements de défense très large ou les frappes « massues » ont remplacés les techniques plus complexes. Les méthodes d’entrainement occidentales ont donc renforcé l’usage de mouvements universels ou « réutilisables » : ils pouvaient être utilisés contre toute une variété de menaces sans nécessiter de modifications. Par exemple un mouvement circulaire du bras était utilisé aussi bien pour rediriger un coup de pied ou un coup de poing que pour frapper un membre, le torse ou tenter une désarme. Le soldat s’habituant à réagir dans des conditions extrêmes, la probabilité d’être « paralysé par la peur » diminuait drastiquement (Shillingford, 2000 : 18 ; 41-43).
Un des pionniers de l’armée américaine dans ce domaine, le Colonel Rex Applegate et son ouvrage fondateur « Tuer ou être tué » écrivait : “l’expérience militaire, au combat et dans les centre d’entrainement du monde entier ont montré qu’un homme ordinaire peut rapidement être transformé en un combattant offensif et dangereux en se concentrant sur quelques principes de base du combat et en mettant en avant les frappes réalisées avec les mains, les pieds et d’autres parties du corps.” (Applegate, 1976:4).
Au-delà de la simplification des techniques, les entraîneurs militaires du siècle dernier ont aussi beaucoup expérimenté le conditionnement de réflexes dans notre corps via un entrainement fondé sur le couple “stimulus-réponse”. Pour simplifier, cet entrainement implique de créer pour un stimulus particulier une réponse spécifique. Nous sommes sommes tous familier avec l’exemple classique du chien de Pavlov. Une clochette sonnait chaque fois que le chien était nourrit. Au bout d’un moment le chien associa le son de la clochette à la nourriture au point qu’il se mettait à saliver dés qu’il l’entendait.
Un autre exemple d’entrainement de ce type sont les exercices d’incendies. La plupart d’entre nous ont été conditionné pour se mettre en ligne et évacuer les lieux dés que l’alarme incendie retentissait [c'est sur qu'en France nous sommes moins nombreux à partager ce souvenir vu la sécurité de nos écoles... n.d.t]. En maintenant un lien clair entre le stimulus et la réponse demandée et en l’associant à la répétition il devient possible de littéralement reprogrammer nos réflexes. En fait, la recherche a démontré qu’une exposition répétée à un stimulus précis, aussi intimidant qu’il puisse être est capable d’éliminer l’anxiété qui lui est reliée (Ornstein, 1991:p92). En d’autres termes : la familiarité élimine la peur. Les militaires ont perfectionné cette forme de conditionnement depuis le début du 20ème siècle . Les simulateurs de vols, le tir sportif, les parties de paintball et les FPS [First Person Shooters : jeu de tir à la première personnes sur consoles et PCs n.d.t] sont d’excellent exemples d’entrainement stimulus-réponse moderne.
Un des experts mondiaux [selon son éditeur tout du moins, je me méfie des experts auto-proclamés n.d.t] sur le conditionnement dans l’entraînement militaire est le Lieutenant Colonel David Grossman (U.S army, à la retraite). Un ancien ranger et professeur de psychologie à Westpoint, Grossman est l’auteur de « On killing, le coût Psychologique de l’apprentissage à tuer en guerre et dans la société » et parle beaucoup des effets des médias sur l’entretien d’attitudes violentes. Grossman note que les humains, comme la plupart des espèces sur la planète ont une aversion naturelle au meurtre d’un membre de leur propre espèce. Il s’agit d’un des effets d’une évolution réussie puisque les espèces capables de se regrouper pour combattre leurs prédateurs ont plus de chance de survivre que celles qui ont une tendance à s’entretuer. Grossman cite les travaux de Konrad Lorenz où il note que lorsque des animaux dotés de bois ou de cornes s’affrontent ils le font cornes contre cornes de façon inoffensive alors que lorsqu’ils affrontent d’autres espèces il tentent de passer sur le côté pour les éventrer. Les piranhas planteront leurs dents dans tout ce qui se présentent mais ils ne font que « lutter » avec leurs congénères. Pratiquement chaque espèce à une répulsion innée au meurtre de ses congénères (Grossman, 1996:6).
A première vue, la plupart de nos lecteurs pourraient mettre en question l’existence de cet interdit. La simple quantité de violence visible au journal télévisé impliquerait plutôt l’inverse. Pourtant cet inhibition a été largement documentée et étudiée. Dans son livre « The Code of the Warrior », Rick Field cite de nombreux rapports sur des guerres tribales qui illustrent comment les cultures traditionnelles renâcle à se blesser, même au cours d’un conflit. Il suggère que cela est dû à leur connexion plus intime avec le cycle de la vie et un sens aigu de leur propre mortalité qui fait que leur utilisation de méthodes plus létales est restreinte. Si la guerre et les conflits violents ont souvent servis, selon l’expression de Field, « d’antidote culturel » aux problèmes sociaux et parfois à garantir un équilibre écologique via un contrôle de la population, elle est rapidement devenue dépassée et inutile. (Field, 1991:24-27). William Ury, le directeur du Global Negotiation Project d’Harvard et un expert reconnu en négociations fait écho à ces découvertes et note que les « preuves » historiques démontrant la “barbarie” de notre espèce ont été vues au travers du prisme de nos préjugés (Ury,2002:11-18). Nous partons du principe que nos ancêtres étaient plus violent parce qu’ils étaient plus primitifs mais la réalité est que la grande majorité des humains ne désire pas blesser ses congénères. Plus loin dans cet article j’aborderais le danger inhérent aux méthodes de conditionnement modernes qui cherchent à faire sauter cette “sécurité” et je tenterais de montrer comment la volonté latente de blesser des membres de notre propre espèce vient des méthodes de conditionnement propres à nos médias de masse.
Préambule Kevin Secours a développé son propre style et n’est plus instructeur de Systema certifié par Mikhail Ryabko et Vladimir Vasiliev mais cet article écrit en 2004 reste un des plus complets écrits sur le sujet. La bibliographie complète utilisée par l’auteur sera donnée dans le dernier article. J’ajouterais les références des ouvrages traduits en français s’ils existent. Pour les termes les plus techniques j’ai ajouté des liens vers Wikipedia.
Concernant l’historique du Systema dressé par Kevin Secours il provient en grande partie du livre “Elite Forces Handbook of Unarmed Combat” de Ron Shillingford (non traduit). J’ai demandé une confirmation de ces informations à Vladimir Vasiliev. Sa réponse était la suivante : certaines choses sont vraies d’autres pratiquement invérifiables. Les différents changements de régimes en Russie n’ont pas beaucoup aidés à conserver une trace de ce qui s’est déroulé. Il m’a conseillé de m’adresser à Mikhail Ryabko, chose que je ne manquerais pas de faire. Pour l’instant je vous invite donc à considérer tout “historique” du Systema avec la plus grande prudence, celui-ci y compris.
Bonne lecture
Alexandre Jeannette
« il s’en suit que lorsque les guerriers s’en vont victorieux et reviennent intacts, ils ont compris l’art de la guerre »
Sun Bin, l’Art de la Guerre*
* « Sun Zi et Sun Bin, l’art de la guerre » édition Rivages (n.d.t)
Introduction
Au cours des vingt cinq dernières années plus de choses ont été comprises sur le cerveau humain que dans toute l’histoire humaine. De nouvelles découvertes sur les processus d’apprentissage, des recherches sur la survie en situation violente et des études sur les effets psychopathologiques liés au fait de blesser des membres de notre propre espèce ont modifié la manière dont est maintenant perçu l’entrainement pour le combat.
La naissance des arts martiaux russes
Les arts martiaux de l’ancienne Russie ont été forgés dans les feux de l’adversité, dans une terre vaste et inhospitalière à la géographie et aux climats variés. Trouvant leurs racines plusieurs millénaires avant la naissance du Christ, les premières incarnations [de ces arts n.d.t] ont existé comme autant de pratiques éparses parmi les communautés guerrières Slaves. Au début du VIe siècle de nombreux ennemis ont commencé à assiéger les frontières russes, provoquant une évolution dans le développement de ces arts. Parmi les envahisseurs les plus notables, Bata Khan mena en 1237 une occupation de la Russie qui dura jusqu’à la fin du XVe siècle, sensibilisant les premiers guerriers à de nouvelles stratégies militaires et de nouvelles armes (Shillingford, 2000:21). Les premiers maitres russes apprirent une vérité toute simple au cours de ces altercations : un combat est une situation chaotique qui implique un nombre infinis de défis et d’opportunités. La manière la plus efficace de préparer un individu à survivre ne peut se faire qu’en développant son adaptabilité, sa créativité et son autonomie. Puisqu’il n’y avait aucun moyen de prévoir comment un ennemi allait attaquer il ne pouvait pas exister une technique ou un style qui pourrait garantir la survie (Vasiliev, 1997, p14). L’absence d’une armée au sens propre renforça ce besoin d’adaptabilité. Les guerriers étaient des « civils » et ces combattants avaient besoin d’un art facile à apprendre et qui ne les détournerais pas de leurs tâches quotidiennes, qu’ils soient fermiers, chasseurs ou marchands. Le résultat fut une emphase sur les mouvements naturels du corps plutôt que sur des formes plus complexes ou la mémorisation. La géographie joua également un rôle majeur en termes biophysique en renforçant les mouvements naturel. Alors qu’à la même époque les artistes martiaux orientaux tendaient à employer des postures qui étaient plus fixes et stables, en réponse aux terrains montagneux où ils étaient nés, les guerriers Russes était plus vifs et irréguliers dans leurs mouvements. De plus, l’importance sociale des positions accroupies et à genoux en Orient nourrirent une perception différente du centre du centre du corps en le plaçant juste sous le nombril. En comparaison, les conditions en Europe demandaient moins de stabilité. La perception de ce centre de gravité à un point plus élevé, oscillant entre la base du nombril et le plexus (que les russes nomment « centre de gravité flottant ») encourageait des mouvements pendulaires du torse avec un déplacement proche de celui que l’on peut trouver dans le patin à glace (Vasiliev 1997:7, 15-17). Le but des arts martiaux Russes a toujours été de maximiser sa biomécanique au dépend de celle de son agresseur. Guidé par ce simple objectif ces arts ont continué à évoluer au cours des générations, passant de père en fils, empruntant aussi bien à ses voisins qu’à ses ennemis (Vasiliev, 1997:17). Leur histoire connue un nouveau tournant en 1917, quand le gouvernement Communiste tout juste installé interdit publiquement la pratique de tous les arts martiaux traditionnels dans l’espoir d’éliminer les racines du nationalisme au sein de son peuple. En dehors de ces efforts publics le gouvernement ne pouvait nier l’efficacité brute des styles de combat nationaux. En secret ils travaillèrent à assimiler les diverses traditions culturelles dans un unique style hybride. En 1918 Lénine fonda une organisation dirigée par le camarade Vorosilov afin de rechercher et d’expérimenter avec les arts martiaux russes et étrangers. A cette fin, des équipes d’investigateurs parcoururent le monde pendant que le gouvernement dévouait sans relâche ses efforts à tester et raffiner son savoir traditionnel, augmentant son efficacité en incluant l’usage d’armes et de tactiques modernes. Au bout du compte, plus de 25 styles de combats à mains nues russes furent intégrés dans un art hybride et réservé exclusivement à l’élite de la Voiska Spetsialnogo Naznachenia, les forces spéciales russes dites « Spetsnaz ». C’est dans l’arène du monde réel que la puissance des anciennes traditions du combat russe fut de nouveau connue du monde. Ses pratiquants nommaient cet art hybride le « Systema » ou Système (Shillingford, 200:21).
La science de la survie
Nous sommes conçus pour survivre. L’évolution a ancré en nous un système de protection personnel complexe qui nous accompagne partout. La fonction de ce système réflexe dépend de notre perception d’une menace donnée. Même si nous savons désormais beaucoup choses sur les effets de la peur nous en savons peu sur ses origines. Un des pionniers de la recherche sur les causes de la peur, le Docteur Joseph Ledoux de l’université de New York, nous dit que la peur suit un circuit neurologique. Les stimuli de la peur sont absorbés via les yeux, les oreilles et les autres organes sensoriels qui envoient cette information à la partie du cerveau connue sous le nom de thalamus. Là, s’il dispose du temps nécessaire, le cerveau créé rapidement une image de la menace dans notre esprit, interprète cette image et produit une réponse appropriée pour le lobe frontal, la partie de notre cerveau dédié aux mouvements volontaires. Cela permet à la partie la plus évoluée et la plus « humaine » de notre cerveau de rester active et de permettre à la pensée rationnelle de prévaloir. Les neuroscientifiques nomment généralement ce chemin neurologique la « voie longue » (Ledoux, 2004 : 212-214). Une autre voie neurologique existe également. Dans des scénarios plus spontanés si le cerveau perçoit le stimulus comme étant trop urgent le message de menace reçu par le thalamus est immédiatement redirigé vers la section du cerveau connue sous le nom d’amygdale [ou complexe amygdalien n.d.t]. Dans ces conditions le lobe frontal, siège de la pensée rationnelle est complètement exclu du processus. Au lieu de cela l’amygdale répond instantanément dans ce qui communément appelée la réaction d’alarme [également appelée phase de choc n.d.t]. Il s’agit de tout réflexe automatique destiné à protéger le corps de tout danger soudain. Cette réaction d’alarme consiste par exemple à retirer votre main d’une source de chaleur, d’éternuer pour chasser des particules étrangères de vos voies respiratoires ou de cligner des paupières pour protéger vos yeux. Les neuroscientifique désigne cette seconde réaction de protection « la voie courte » (Ledoux, 2002, 212-214; Ledoux, 2004). Au départ cela peut sembler redondant, voir inutile de développer deux systèmes de réponses distincts dans notre corps mais comme l’explique le chercheur Doug Holt les deux répondent à un objectif valable. La voie courte fonctionne comme un filet de sécurité qui prend le relai du contrôle cognitif dans les situations de surprise. Ce réflexe sacrifie le détail et la précision en faveur du temps de réaction le plus court possible. Selon les mots du docteur Ledoux « il vaut mieux prendre un bâton pour un serpent qu’un serpent pour un bâton ». Si le cerveau détermine qu’il bénéficie d’un temps de réponse suffisant la recherche a montré que le signal progressera jusqu’au lobe frontal, la pensée rationnelle sera active et les actions seront menées par le lobe frontal. Le seul problème avec cette double réponse selon Holt viens du fait que la connexion du cortex vers l’amygdale et moins bien développé que celle qui mène de l’amygdale vers le cortex. Cela signifie que les réflexes liés à la voie courte auront plus d’influence sur le cortex que l’inverse. Une fois que la réaction d’alarme est déclenchée il est très difficile de la court-circuiter (Holt 2004).